Lors de leur « débourrement » en mars ou en avril, les bourgeons ne sont plus protégés du gel par leur enveloppe. Afin de lutter contre le risque de gel des bourgeons induisant un fort impact économique, des viticulteurs ont développé depuis plus d’un siècle l’usage de « tours antigel » et de dispositifs de chauffage (bougie, chaufferette ou brûleur), qui par définition, visent à lutter contre le gel. Ces dispositifs de lutte sont aujourd’hui fournis par des équipementiers, mais il subsiste encore un besoin d’optimisation et d’aide à la décision pour le déclanchement des moyens de lutte lors de la survenue d’un épisode gélif printanier. Ainsi, il semble important tout à la fois de pouvoir réduire les éventuelles nuisances sonores ou visuelles que ces dispositifs sont susceptibles de provoquer, tout en permettant de rendre leur utilisation plus efficiente, plus durable et plus acceptable socialement.
Photo d'une tour antigel installée sur le vignoble de Quincy - Un mât instrumenté a été utilisé pour suivre l’évolution de la stratification en température et vitesse, à différentes distances de la tour.
À cette fin, les projets SicTAG et OptiTAG, comportent notamment un volet expérimentation et un volet simulation numérique. Les travaux en mécanique des fluides relatifs à ce second volet sont actuellement étalonnés sur le supercalculateur Jean Zay. Plus loin encore, les chercheurs impliqués évoquent dans l’avenir la possibilité d’un « jumeau numérique » impliquant des modèles issus de la mécanique des fluides, de la phénoménologie des plantes et de la sociologie pour aider à rendre ces dispositifs de lutte encore plus efficace, à moindre coût environnemental et sociétal.
CFD_OpenFOAM_TurbulentJet Simulation numérique du jet produit par une tour antigel obtenue avec OpenFOAM avec un disque actionneur